Éolpa

 

Éolpa.

Je portais en moi un trouble et l’attente du rayon de soleil lorsqu’il transperce l’épaisseur fine de la feuille. Je portais en moi l’attente du rayon de soleil qui donne le chemin de soi à la lumière du ciel.

Éolpa.

J’attendais le rayon de soleil énonciateur.

Éolpa.

Je suis et à mon tour j’irise et humidifie l’air jusqu’au ciel. Je suis ma propre parole et mon verbe et ma geste. Je suis ce qui vit à travers moi. Je suis l’écorce que je laisse et qui n’existe que dans le mouvement que je lui ai insufflé.

Je suis où je grandis ; je n’ai pas de lieu d’arrivée. Je ne vais plus.

Je suis l’air que j’habite. Je suis le lieu qui n’a pas de nom.
Éolpa.

J’ai quitté le désir de ce qui vient ; aucun temps ne m’habite.

Je suis le temps de mon espace. Je suis mon agir lorsque je le laisse surpasser la crainte de ma sève.

Éolpa.

Je suis ce qu’il reste lorsque la dernière trace s’évapore de ce que fut mon rêve.

Je suis ce qu’il reste lorsque la dernière poussière s’élève et se reflète seule avant la première aurore.

Je suis lorsque mon propre regard projette le premier matin du monde.

 

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